Émilie Richaud

Je suis élue à Cognac, à la Communauté d’Agglomération du Grand Cognac et au Département de la Charente. Ma famille œuvre dans la viticulture et la production du Cognac depuis 5 générations. Notre domaine viticole “FONTAULIERE” de 160 hectares, situé à quelques kilomètres de la Ville de Cognac, est au cœur du plus petit des six crus de l’appellation contrôlée Cognac, les “Borderies”.

Pour mieux décrypter les mystères du Cognac, il faut décrypter les mystères du pays où il naît. Le voyageur qui découvre la Ville de Cognac, son patrimoine architectural étonnant, ses parcs et jardins magnifiques, sa merveilleuse rivière la Charente, ses vieux quartiers médiévaux, sera toujours étonné, en levant les yeux vers les toits, de la mystérieuse teinte sombre des tuiles anciennes : cette énigme est celle du Torula, un fin duvet développé grâce aux émanations du Cognac stocké et vieillissant dans la ville, dont l’évaporation nourrit une moisissure si particulière et que l’on appelle “la Part des Anges”.

Il faut aussi décrypter les magies de son élaboration : celles des distilleries avec leurs alambics cuivrés (chez nous, bouilleurs de cru, ils sont quatre) et ce procédé de la double distillation qui permet d’extraire les plus délicats arômes et les composants les plus favorables, au cœur du mystère du Cognac.
Car le Cognac est un mystère… ou un miracle !
Il y a plus de trois siècles, les vins de Cognac, faibles en degré alcoolique, supportaient mal les transports lointains.

C’est ainsi que leur distillation a permis de produire un alcool conservable et transportable : l’eau-de-vie de Cognac. Mise en fûts de chêne pour y être élevée de deux… jusqu’à cinquante ans selon les crus, cette eau-de-vie subit de nombreuses transformations naturelles orientées par le maître de chai pour atteindre sa perfection.
Nos eaux-de-vie des « Borderies » surprennent par leur douceur. A partir d’une dominante de fruits exotiques (banane, pamplemousse), due à leur jeunesse, elles acquièrent au fil du temps rondeur et complexité. Et leurs saveurs se changent en fruits confits et pruneaux. Elles rentreront dans de savants assemblages avec d’autres crus pour élaborer un Cognac.

C’est donc avec conviction et enthousiasme que je soutiens la décision de la Communauté d’Agglomération du Grand Cognac de présenter la candidature de ce pays du Cognac, au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. C’est pour moi une évidence.